A la découverte d’une plante : le Ciste Ladanifère

Voilà maintenant deux années que l’on part à « l’aventure cistienne ». Vers le 14 Juillet, quand les thermomètres sont aux plus hauts, nous descendons dans le Var, plus exactement dans le massif volcanique de l’Esterel. Nous nous rendons dans le maquis méditerranéen entourée de roche rouge appelées rhyolites, celles-ci sont riches en silice d’où le terme de terrains siliceux. Ce massif a un lien très fort avec la Corse car à l’ère tertiaire, c’est un pan de l’Estérel qui part à la dérive pour créer l’île de beauté.

Cueillette dans le maquis de l’Esterel

Cette petite introduction n’est pas anodine, l’environnement ou pousse une plante est essentiel. Le type de roche fait partis des facteurs importants : certaines plantes ne supportent pas du tout le calcaire et d’autre s’en accommodent. Celles qui fuient le calcaire sont appelés calcifuges, c’est le cas du Ciste Ladanifère. Cet arbuste dressé à feuilles persistantes allongées, d’un vert plutôt sombre, a besoin d’un terrain siliceux pauvre en calcium et acide pour pousser. Il existe d’autres Cistes qui se développent sur des sols calcaires mais aujourd’hui nous parlerons seulement du Ciste à gomme ou ladanifère (Cistus ladaniferus).

Il possède de grandes fleurs blanches aux pétales froissées décorés d’une tache foncée pourpre. Ce côté « chiffonée » des pétales, nous rappelle ceux des hélianthèmes (que vous avez certainement croisez plus souvent) et qui font partie de la même famille. La floraison se fait au printemps, lorsque nous descendons récolter le Ciste, les belles fleurs sont déjà transformées en fruits. Ceux-ci ressemblent à des capsules qui peuvent rappeler celles des coquelicots. Quant à ces feuilles, elles sont fortement glanduleuses et poisseuses mais nous préférons dire très aromatiques et très très collantes ou pégueuses (pour se mettre au patois local). En regardant à la loupe, on observe des poils glandulaires qui sécrètent une résine (gomme ou ladanum) visqueuse, opaque, aromatique à saveur amère rappelant l’encens, qui se liquéfie sous l’effet de la chaleur.

Ciste

Cette résine était autrefois récupérée sur la toison des moutons grâce à des peignes à doubles lanières de cuir car lorsque la température est élevée la résine adhère sur le cuir. Nous avons hésité à prendre des moutons pour faire perdurer la tradition mais finalement nous avons opté pour nos faucilles et une extraction par entrainement à la vapeur, c’est-à-dire par distillation. Quand tout se passe bien, il faut environ 300 kg de rameaux feuillés de l’année pour obtenir 170 ml d’huile essentielle. Mais nous connaissons des distillateurs ayant récoltés à peu près les mêmes quantités de plantes et se retrouver avec « zéro ml d’huile essentielle » … imaginez un peu la déception. Cueillir en pleine nature nécessite un respect des plantes, elles ont toutes leurs particularités, nous apprenons à les connaître mais il y aura toujours des mystères.

Les utilisations phytothérapeutiques

Le Ciste est principalement utilisé sous la forme d’huile essentielle, d’hydrolat et de macérat huileux. Les composants majoritaires sont des monoterpènes, monoterpénols et des esters. Les propriétés à retenir sont :

  • ANTI-HEMORRAGIQUE PUISSANT : hémorragies externes (pour laver les blessures qui saignent) et internes (fibromes, ulcères, règles hémorragiques, saignements post opératoire)

Pour ces indications l’huile essentielle est préconisée mais aussi l’eau florale car celle-ci est déjà très puissante. /!\ le ciste n’est pas le meilleur antiseptique, il vaut mieux désinfecter avant de l’utiliser.

  • CICATRISANTE/REGENERANT CUTANE/RAFFERMISSANT : acné, peau asphyxiée, rides, pores dilatés, coupures de rasage /!\ ne pas utiliser sur les plaies qui ne doivent pas se rétracter comme les brûlures.

L’huile de macération des rameaux de ciste est adaptée à un usage cosmétique. L’eau florale pourra remplacer une eau micellaire/nettoyante ou un après rasage.  Quelques gouttes d’huiles essentielles pourront être ajoutées à une crème ou huile de visage.

  • STIMULATION INFANTILE : coqueluche, varicelle, scarlatine. Pour les enfants, l’eau florale est l’utilisation la plus adaptée.
  • Propriétés énergétiques et psycho émotionnelles : STRESS & HABITUDE AUTODESTRUCTRICE, c’est une plante qui aide à reconnaitre d’où proviennent les mécanismes qui font que nous réagissons toujours de façon identique face aux obstacles. Le ciste peut dissoudre des blocages profonds.

Une cure d’eau florale de 40 jours à raison d’une à deux cuillères à soupe permettra de réaliser un travail psycho-émotionnelle. L’olfaction de l’huile essentielle peut également s’avérer pertinente.  

Si vous ne l’avez pas encore dans votre trousse à pharmacie d’urgence, pensez-y.

Une touche de parfum pour finir

Le ciste ladanifère est également une plante incontournable de la parfumerie car elle permet d’obtenir deux matières premières exceptionnelles.

Une distillation des rameaux donne une huile essentielle de ciste dont les notes baumés, résineuses et aromatiques sont très utilisés dans le fond des parfums orientaux mais également dans les chypres. On le retrouve notamment dans Habanita de Molinard et le Chypre de Coty.

L’extraction de la gomme en revanche donne ce que l’on appelle le labdanum. Avec ses facettes beaucoup plus cuir et miéllées on la retrouve dans une grande majorité des parfums orientaux comme Ambre Sultan de Serge Lutens.

Le voyage avec la Ciste Ladanifère s’arrête ici, j’espère qu’il vous a plu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *